Soupir de brume, étincelles de vie, mémoire du lieu...

Robert Gérard est un peintre naturaliste de renommée internationale dont le style et la facture allient de façon unique l'art figuratif nord-américain à la modernité plastique de notre époque.

Véritable hymne à la vie, l'œuvre de Gérard représente d'abord sa famille et son coin de pays. Mais au fil des ans, sa grande curiosité, sa quête perpétuelle d'intimité avec la nature ainsi que ses nombreuses expositions à l'étranger ont contribué à élargir son champ d'exploration. Le spectateur voyage maintenant de l'Amérique à l'Europe à travers ses tableaux, en passant par l'Afrique et ce, notamment par la thématique des chevaux qu'il affectionne particulièrement.

Les peintures de Gérard fonctionnent comme un flux et reflux d'émotions. L'artiste donne en premier lieu le registre émotionnel du tableau en submergeant la surface picturale d'une marée de couleurs. Cette étape initiale, pour laquelle le peintre fait appel à la fois aux techniques de tachisme, de dilution et de dripping, s'élabore de façon spontanée et dans une grande liberté d'exécution. Cet élan vient éveiller les sens et les souvenirs du spectateur, tel un écho, et suggère d'emblée l'ambiance et le mystère du tableau. Puis peu à peu, cette effervescence chromatique laissera place à la fusion du sujet, ce dernier se détachant alors avec éclat de l'abstraction par son grand réalisme.

Soufflés du cœur de la toile, les sujets issus de l'univers pictural de Gérard nous interpellent directement, que ce soit par la profondeur d'un regard, par le minimalisme parfois désarmant d'un paysage ou par l'expressivité étonnante d'une attitude animale, afin de nous dévoiler la nature dans toute sa splendeur et ses subtilités et surtout, pour que l'on se remémore... Si le sujet évoque ainsi la vie, sa juxtaposition à une plus grande liberté picturale renvoie délibérément l'attention du spectateur à l'essence du propos, à la source même de l'émotion. Quant à l'épuration de la composition, elle laisse place à l'imaginaire. Au rythme des saisons, le regard de Gérard se pose donc avec perspicacité sur un monde à redécouvrir.